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Modèle de compromis de vente : les clauses obligatoires et celles à ajouter à Paris

📅 Publié le 15/09/2026 ⏱️ 11 min de lecture 📝 2 110 mots
Modèle de compromis de vente : les clauses obligatoires et celles à ajouter à Paris

Chercher un modèle de compromis de vente est le bon réflexe, mais pas pour la raison qu'on croit. Un modèle ne sert pas à rédiger soi-même l'avant-contrat : il sert à savoir ce qu'on signe, et à repérer les trois ou quatre clauses qui manquent dans le document qu'on vous présente. Un compromis parisien tient en une trentaine de pages dont la moitié est standard ; tout l'enjeu se joue dans l'autre moitié.

Cet article passe en revue les clauses obligatoires, les conditions suspensives à négocier, les annexes qui conditionnent le point de départ du délai de rétractation, et les clauses spécifiques à un appartement en copropriété à Paris. Avant d'en arriver là, la première pièce du dossier reste le prix : notre estimation immobilière en ligne vous donne la fourchette de départ sur laquelle tout le reste se construit.

Infographie : les blocs de clauses d'un compromis de vente et les annexes obligatoires
Infographie libre de réutilisation — merci de citer vendreappartementparis.fr en source.

Qu'est-ce qu'un modèle de compromis de vente, et peut-on l'utiliser tel quel ?

Un modèle de compromis est une trame : l'ossature des mentions qu'un avant-contrat doit contenir pour être valable et complet. Les modèles gratuits que l'on trouve en ligne sont presque toujours des trames nationales, conçues pour une maison individuelle vendue libre. Utilisées telles quelles pour un appartement parisien, elles laissent de côté l'essentiel : la copropriété, le droit de préemption urbain, la surface Carrez, l'état daté.

La loi n'impose pas de forme particulière et n'interdit pas de signer un compromis sous seing privé, entre particuliers ou en agence. Mais elle fait peser sur le vendeur une obligation d'information dont l'étendue s'est considérablement élargie depuis vingt ans, et dont le non-respect se paie à retardement. Un modèle sert à contrôler, pas à rédiger.

Quelles sont les clauses obligatoires d'un compromis de vente ?

Certaines mentions sont indispensables à la validité de l'acte, d'autres à sa sécurité. Voici la trame minimale, dans l'ordre où elle apparaît habituellement.

1.  Identité complète des parties (état civil, régime matrimonial, domicile)
2.  Origine de propriété du bien (acte précédent, date, notaire)
3.  Désignation du bien (adresse, lot de copropriété, tantièmes, cave, parking)
4.  Surface loi Carrez pour un lot de copropriété
5.  Situation locative : bien libre ou occupé, bail en cours
6.  Prix de vente, répartition des honoraires d'agence, modalités de paiement
7.  Dépôt de garantie : montant, séquestre, sort en cas de défaillance
8.  Conditions suspensives (prêt, préemption, urbanisme, servitudes)
9.  Date limite de signature de l'acte authentique
10. Date de jouissance et de remise des clés
11. Clause pénale et faculté d'exécution forcée
12. Mention du délai de rétractation de dix jours et de ses modalités
13. Liste des documents annexés

Les trois mentions dont l'absence coûte le plus cher

La surface loi Carrez : une surface inférieure de plus de 5 % à celle annoncée ouvre à l'acquéreur une action en diminution du prix pendant un an après l'acte authentique. C'est la seule clause dont l'erreur se traduit par un chèque.

La date limite de l'acte authentique : sans elle, aucune des parties ne peut mettre l'autre en demeure utilement. Elle doit être réaliste — à Paris, trois mois est un minimum quand le droit de préemption doit être purgé.

La répartition des honoraires d'agence : elle change l'assiette des droits de mutation payés par l'acquéreur, donc le coût réel de l'opération. Notre article sur les frais de notaire dans l'ancien explique pourquoi des honoraires mis à la charge de l'acquéreur, et mentionnés distinctement, réduisent la base taxable.

Quelles conditions suspensives faut-il inscrire dans un compromis ?

Une condition suspensive suspend la vente à un événement futur : si l'événement ne se produit pas, la vente est réputée n'avoir jamais existé et le dépôt de garantie est restitué. C'est le cœur négocié de l'avant-contrat.

La condition suspensive de prêt

Elle est légalement présumée dès lors que l'acquéreur finance par emprunt, et ne peut être écartée que par une mention manuscrite de sa main. Le compromis doit préciser le montant maximal emprunté, le taux maximal, la durée et le délai d'obtention — généralement quarante-cinq à soixante jours. Un vendeur a intérêt à ce que ces paramètres soient serrés : une condition rédigée trop largement laisse à l'acheteur une porte de sortie confortable pendant deux mois.

La purge du droit de préemption

À Paris, la déclaration d'intention d'aliéner est adressée à la Ville, qui dispose de deux mois pour se prononcer. La condition doit être rédigée comme une condition suspensive de non-préemption, et le délai de l'acte authentique calé sur elle.

Les conditions suspensives souvent oubliées

  • Absence de servitude ou d'inscription hypothécaire non révélée grevant le bien.
  • Absence de procédure en cours dans la copropriété, notamment un contentieux sur des travaux votés.
  • Obtention d'une autorisation d'urbanisme quand l'acquéreur achète pour transformer, diviser ou réunir des lots.
  • Vente préalable du bien de l'acquéreur : à accepter en connaissance de cause, car elle transfère au vendeur le risque d'un second marché.
Les conditions suspensives ne protègent pas le vendeur, elles protègent l'acheteur. Le seul levier du vendeur est leur précision : une condition datée, chiffrée et bornée vaut mieux que pas de condition du tout, parce qu'elle a une échéance.

Quelles clauses ajouter pour un appartement en copropriété à Paris ?

C'est là que les modèles génériques montrent leurs limites. Un compromis parisien devrait comporter, en plus de la trame standard :

  • La désignation exacte du lot et de ses tantièmes de parties communes, ainsi que des lots secondaires — cave, chambre de service, emplacement de stationnement — qui ne suivent pas automatiquement le lot principal.
  • L'état daté établi par le syndic, qui arrête la situation comptable du vendeur vis-à-vis de la copropriété et fixe la répartition des charges au jour de l'acte.
  • La mention des travaux votés et non appelés, avec l'indication de qui les supporte. À défaut de clause, c'est le copropriétaire au jour de l'appel de fonds qui paie : cette seule ligne peut représenter plusieurs milliers d'euros.
  • Le fonds de travaux obligatoire, non remboursable au vendeur, et son montant.
  • Les procédures en cours impliquant le syndicat des copropriétaires.
  • Le cas échéant, la situation locative détaillée : notre guide de la vente d'un appartement loué détaille les mentions supplémentaires qu'impose un bien occupé.

Quels documents doivent être annexés au compromis ?

La liste des annexes n'est pas une formalité administrative : elle conditionne le point de départ du délai de rétractation de dix jours. Une annexe manquante, et le délai ne court pas.

  • Le dossier de diagnostics techniques : DPE, amiante, plomb, électricité, gaz, état des risques, et pour un lot de copropriété le mesurage Carrez.
  • Le règlement de copropriété et l'état descriptif de division, avec leurs modificatifs.
  • Les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales.
  • Le carnet d'entretien de l'immeuble et la fiche synthétique de la copropriété.
  • Le pré-état daté ou l'état daté, selon le stade.
  • Le montant des charges courantes du budget prévisionnel et des sommes restant dues.

Le DPE mérite une attention particulière depuis qu'il est opposable : une classe erronée engage la responsabilité du vendeur et du diagnostiqueur. Notre simulateur DPE permet d'anticiper la classe avant la visite du diagnostiqueur, et notre article sur la décote liée au DPE mesure ce qu'une lettre coûte réellement à la revente.

Peut-on signer un compromis sans notaire, et dans quels cas c'est une mauvaise idée ?

C'est légal. Un compromis sous seing privé, signé entre particuliers ou en agence, engage valablement les parties. Mais trois situations rendent l'acte sous seing privé imprudent.

Quand le bien est en copropriété

Le volume d'annexes et le risque d'en oublier une rendent la notification du délai de rétractation fragile. Le notaire assume cette notification et sa preuve.

Quand il s'agit d'une promesse unilatérale

Une promesse unilatérale de vente sous seing privé doit être enregistrée auprès de l'administration fiscale dans les dix jours de son acceptation, sous peine de nullité, moyennant un droit fixe modeste. Reçue par un notaire en la forme authentique, elle échappe à cette formalité. C'est une cause classique d'annulation dans les ventes entre particuliers.

Quand le calendrier est tendu

Un compromis signé en agence doit ensuite être transmis au notaire, qui rouvre souvent le dossier et reprend certaines clauses. Le temps gagné à la signature se perd au double ensuite. Le guide complet de la promesse et du compromis à Paris détaille ce choix et le calendrier réel d'une vente parisienne.

Combien coûte la rédaction d'un compromis de vente ?

Chez le notaire, la rédaction de l'avant-contrat n'est en principe pas facturée séparément : elle est comprise dans les émoluments perçus au moment de l'acte authentique. Certains offices demandent une provision sur frais de dossier, de l'ordre de quelques centaines d'euros, imputée ensuite sur le décompte final.

En agence, la rédaction est incluse dans les honoraires de transaction. Entre particuliers, le coût se limite à l'enregistrement de la promesse unilatérale. En ordre de grandeur, l'avant-contrat ne représente pas une dépense distincte significative : l'essentiel des frais se concentre le jour de l'acte authentique.

Questions fréquentes

Un modèle trouvé en ligne est-il juridiquement valable ?

Il peut l'être s'il contient toutes les mentions requises et si les annexes sont complètes. Le risque n'est pas la nullité, il est l'incomplétude : un compromis valable mais mal annexé laisse au vendeur une incertitude qui peut durer des mois.

Le compromis doit-il mentionner le mobilier laissé dans l'appartement ?

Oui, dans une liste distincte et chiffrée. Le mobilier n'est pas soumis aux droits de mutation, ce qui réduit le coût d'acquisition — à condition que la valeur soit justifiable par des factures ou une évaluation raisonnable.

Peut-on modifier un compromis après signature ?

Uniquement par avenant signé des deux parties. Un avenant qui modifie un élément substantiel — prix, délai, condition suspensive — peut rouvrir un délai de rétractation au bénéfice de l'acquéreur.

Quelle est la différence entre le dépôt de garantie et l'indemnité d'immobilisation ?

Le dépôt de garantie accompagne un compromis, l'indemnité d'immobilisation une promesse unilatérale. Les deux se situent usuellement entre 5 et 10 % du prix et sont séquestrés, mais leur logique diffère : l'un garantit l'exécution d'un engagement réciproque, l'autre rémunère l'immobilisation du bien pendant la durée de l'option.

Que se passe-t-il si l'acheteur ne signe pas à la date prévue ?

Le vendeur doit le mettre en demeure par acte de commissaire de justice. Passé le délai de la mise en demeure, il peut demander l'exécution forcée de la vente ou l'application de la clause pénale, généralement fixée à 10 % du prix.

Faut-il signer le compromis avant ou après avoir reçu les diagnostics ?

Après, systématiquement. Signer sans le dossier de diagnostics revient à retarder le point de départ du délai de rétractation, donc à prolonger l'incertitude. C'est l'erreur la plus fréquente et la plus facile à éviter — notre article sur le délai de rétractation de dix jours en détaille les conséquences.

Avant de signer : les trois vérifications utiles

Reprenez la trame ci-dessus et vérifiez trois choses seulement. Que la liste des annexes figure dans l'acte et corresponde aux pièces réellement remises. Que la date limite de l'acte authentique laisse la place à la purge du droit de préemption. Que la répartition des charges et des travaux votés soit écrite noir sur blanc, et pas renvoyée à « la loi ».

Pour le reste du parcours, notre guide de la vente d'un appartement à Paris reprend les étapes dans l'ordre, et l'offre d'achat — le stade juste avant — mérite autant d'attention que le compromis lui-même.

Les fiches pratiques de l'ANIL et de service-public.gouv.fr tiennent à jour la liste des documents obligatoires. Ces éléments sont donnés à titre d'information générale : la rédaction d'un avant-contrat relève de votre notaire.

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