Le 11 août 2026, des milliers d'agents immobiliers ont perdu leur premier outil de prospection. Une start-up française avait construit son remplaçant. Portrait de MonMandat, la plateforme de mise en relation qui apporte aux professionnels de l'immobilier ce que la loi vient de leur retirer : l'accès aux propriétaires.
Le jour où la pige est devenue illégale
Pendant des décennies, le métier a tenu sur une routine : éplucher les annonces de particuliers, composer, relancer. La pige faisait rentrer les mandats, et les mandats faisaient vivre l'agence. Ce moteur s'est arrêté net. Depuis le 11 août 2026, le Code de la consommation interdit tout démarchage téléphonique sans consentement préalable, explicite et daté du particulier. Le ministère de l'Économie a détaillé les obligations et les sanctions, et elles ne sont pas symboliques.
Pour un secteur qui pèse près de dix milliards d'euros d'honoraires par an, la question est brutale : d'où viendront les mandats demain ? À Paris, où la concurrence entre professionnels est la plus dense de France et où le marché repart, elle se pose avec encore plus d'acuité.
MonMandat, la réponse construite avant la question
Lancée à l'échelle nationale en mai 2026, MonMandat se définit comme une plateforme de mise en relation entre propriétaires et professionnels de l'immobilier. Pas un portail d'annonces, pas un réseau de plus : un outil de travail pour l'agent, bâti autour de deux moteurs.
Premier moteur : des propriétaires qui ont demandé à être rappelés
Chaque jour, des propriétaires estiment leur bien ou vérifient leur DPE sur des sites comme celui-ci, indiquent leur projet et acceptent, s'ils le souhaitent, d'être contactés par des professionnels. Cet accord est horodaté, les coordonnées sont complètes, l'intention est qualifiée. C'est exactement ce qu'un agent n'a plus le droit d'obtenir par lui-même — et ce que MonMandat met à sa disposition, partagé avec un nombre limité de confrères pour préserver la valeur de chaque contact. Un propriétaire injoignable ou hors sujet ? Le crédit est restitué.
Second moteur : l'inter-agence multi-réseaux
Un agent dépose son mandat, et plus de 1 500 professionnels issus de plus de vingt réseaux — SAFTI, iad, efficity, eXp, BSK, Dr House Immo… — cherchent l'acheteur. La commission se partage selon des règles fixées à l'avance ; l'agent reste le mandataire. Plus de 300 mandats y circulent déjà, pour plus de 100 millions d'euros de biens. Le dépôt est gratuit et illimité, ce qui fait de l'inter-agence la porte d'entrée naturelle vers la plateforme.
Un modèle pensé pour le professionnel
Le compte est gratuit. L'accès aux propriétaires se fait par abonnement mensuel, sans engagement, résiliable en un clic, et surtout sans aucune commission sur les honoraires de l'agent. L'agent voit le secteur, le type de bien et le projet avant de débloquer un lead, puis il appelle lui-même le propriétaire — avec son accord, cette fois. C'est la différence entre un appel subi et un appel attendu.
Deux fondateurs, une méthode
MonMandat est l'œuvre de deux anciens managers en cabinet de conseil, tous deux diplômés de Kedge Business School. Jules Bouilhol, le CEO, a d'abord passé deux ans en start-up, de la création jusqu'à cinq millions d'euros de chiffre d'affaires, avant de piloter en cabinet des projets de transformation pour la banque, l'assurance et l'immobilier. Kentin Grivot, le COO, a fait ses armes deux ans en scale-up avant de rejoindre, lui aussi, le conseil en organisation.
« Kentin et moi avons passé des années à reconstruire les process des autres, résume Jules Bouilhol. Quand on a regardé le métier d'agent, on a vu des professionnels excellents qui passaient la moitié de leur temps à chercher des mandats au lieu de les vendre. On a construit l'outil qui leur rend ce temps. »
Leur méthode est celle du conseil appliquée à eux-mêmes : tester, mesurer, ajuster. En neuf mois, le modèle a été affiné trois fois — de la commission à l'abonnement, en passant par l'inter-agence — jusqu'à trouver la formule qui tient pour les deux côtés de la plateforme. Une équipe volontairement réduite, appuyée sur l'automatisation et l'intelligence artificielle, fait tourner un service national avec une efficacité que peu d'acteurs du secteur peuvent revendiquer.
Cette rigueur a trouvé un écho de poids : MonMandat a été sélectionné par Google pour un programme d'accompagnement dédié à sa croissance.
Ce que ça change pour un agent à Paris
Le marché parisien se gagne sur deux terrains : la rentrée de mandats et la vitesse de vente. Sur le premier, MonMandat remplace la pige par des propriétaires consentants, dans un contexte où les vendeurs sont plus exigeants que jamais sur le choix de leur agent et où une partie d'entre eux envisage même de vendre sans intermédiaire. Sur le second, l'inter-agence démultiplie la force de frappe d'un mandat sans rogner sur la maîtrise de la relation client.
Et parce que les propriétaires arrivent avec des questions précises — sur le poids du DPE dans la négociation, sur les étapes d'une vente à Paris —, l'agent qui les contacte via MonMandat arrive dans une conversation déjà engagée, pas dans un appel à froid.
Une nouvelle norme pour le métier
Il est rare qu'une réglementation et un produit se rencontrent aussi précisément. La loi a rendu la pige illégale ; MonMandat l'avait déjà rendue inutile. Pour les professionnels qui veulent continuer à rentrer des mandats à Paris, la question n'est plus de savoir comment contourner la règle, mais avec quel outil s'y adapter. Ceux qui ont vu juste sont sur monmandat.fr.